• Pendant les règnes de Louis XIV et Louis XV

    Après la mort de Mazarin en 1661, Louis XIV assume personnellement le gouvernement de la France. C'est le monarque de droit divin : le roi Soleil mais dans nos campagnes le soleil ne brille pas pour tout le monde.

    En 1662, Jean Poirier, marchand meunier demeure aux moulins de Fillé dépendant du château de Buffes.

    On trouve le 23 septembre 1669, dans les environs, le corps mort d'un pèlerin de Saint-Jacques de Compostelle.

    Les saisons aux météos pourries se succèdent. Les famines sévissent, conséquences désastreuses de moissons catastrophiques. Dans les années 1692, 1693 et 1694, on manque de graines.

    Entre 1693 et 1694, la famine fut si terrible qu'elle tua en deux ans, d'après les éléments relevés par le curé de l'époque, 46 personnes frappant  autant les'adultes que les enfants en bas-âge. Et pourtant, 51 enfants virent le jour ces deux années-là.

     

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    Vue du bourg de la Suze en 1695 soit un siècle avant la Révolution Française.

    source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

    L'année 1701 fut une année de grande sécheresse. Cependant, on enregistre autant de naissances que de décès.

    En 1705, pendant le vicariat de Jacques Vibert, on a installé la chaire à prêcher avec un parement d'autel à fleur et à fond blanc.

    A compter de Janvier 1709, l'hiver fut très froid avec des pointes de température allant jusqu'à - 20°. La neige tombait régulièrement si bien que dans nos campagnes on avait constamment 25 cm de neige. On trouvait, les oiseaux, les bêtes et les hommes morts : à Mondan, un homme dont on ignore l'identité mais qui viendrait de Bordeaux, meure de froid.

    La plupart des arbres étaient gelés, particulièrement les noyers et les vignes et l'on entendait, quand on devait aller dans les bois, les gros chênes craquer et se fendre sous l'extrème froidure. Le sieur Galbrun vit même, non loin de Pierre Aube, une mère sanglier et ses petits tués par le froid. Il fallait casser l'eau des puits pour s'abreuver et faire les brouets ou soupes chaudes. 

    Dans l'église Saint-Martin, l'eau des bénitiers était gelée. Dans les champs, les blés étaient également gelés. Si les paysans n'avaient pas pris la précaution de semer les menus au printemps, les gens auraient péri mais l'année a été extrêmement rude à passer et une famine presque universelle qui a continué l'année suivante laquelle a été suivie d'une mortalité importante après les fièvres putrides et pestilentielles...

    Le 6 octobre 1711, alors que le matin même on célébrait le mariage de deux enfants du pays sous la présidence de Monsieur le Vicaire, le soir, vers 19 heures, la région est touchée par un tremblement de terre, deux répliques successives d'une magnitude 7,5 sur l'échelle de Ritcher.

    De 1715 à 1720, les régions de l'Ouest ont été touchées par les mauvaises récoltes, la disette, la famine et les maladies dont l'ergot de seigle.

     

     

    partie septentrionale généralité de tours

     

    Partie septentrionale de la généralité de Tours par Guillaume de Lisle, premier géographe du Roy de l'Académie Royale des Sciences, élève de Cassini. 25 Mai 1719.

    Source Gallica.Bnf.fr Bibliothèque Nationale de France.

    Le 28 Février 1722, Louis XV est couronné roi de France.

    "Le Maine était un pays de Grande Gabelle, c'est-à-dire que les habitants étaient tenus de s'approvisionner de sel aux lieux et aux prix imposés par l'Etat. On appelait greniers à sels les dépôts où l'on conservait et vendait les sels de la ferme des gabelles, et aussi les tribunaux qui jugeaient les contraventions relatives à cet objet."

    "Il y avait deux espèces de greniers à sel : les greniers de vente volontaire, où les particuliers achetaient le sel selon leurs besoins et quand bon leur semblait, et les greniers d'impôt, où chacun était obligé d'aller prendre la quantité de sel pour laquelle il avait été inscrits sur les rôles dressés, tous les cinq ans, par les collecteurs nommés à cet effet par les habitants des paroisses assujetties au sel d'impôt. On entendait par là la quantité de sel que chaque chef de famille devait enlever annuellement pour l'usage du pot et de la salière seulement. Le sel d'impôt ne pouvait être employé aux grosses salaisons."

    "Une réunion d'un certain nombre de greniers à sel formait ce qu'on nommait une direction. Les directions du Mans, de Laval, d'Alençon, de Tours et d'Angers se partageaient le territoire actuel du département de la Sarthe.

    Une liste établie d'après les édits royaux de 1726 et 1727 précise que dans le Grenier du Mans qui est un grenier de vente volontaire, 343 paroisses ou lieux sont inscrits dont la paroisse de Fillé. Un nota bene après l'énumération des dites paroisses rappelle que "L'édit de 1726 et Cauvin ne mentionnent pas Guécelard qu'on doit réunir à Fillé comme sur les tableaux d'élection..."

    Source : Dictionnaire topographique du département de la Sarthe comprenant les noms de lieux anciens et modernes page XXXVII 6 bnf.fr Gallica.

    L'année 1739 a été stérile ce qui a causé une cherté extraordinaire des blés qui aurait fait périr la moitié des pauvres. Une grande famine sen suivit. L'évêque du Mans aidé de magistrats et d'autres personnes riches achetèrent du blé ce qui a permis de faire retomber le cours du blé. 

    Cette même année, les gelées ont débuté le 15 Octobre et ont été suivie de pluies continuelles qui ont provoqué jusqu'à sept inondations dont l'une a monté a plus de seize pieds au-dessus du lit ordinaire de la Sarthe provoquant des ravages infinis et détruisant tous les blés.

    Les années de calamités agricoles conséquences d'hivers rudes et de sécheresse terrible continuent jusqu'à cet été 1781 où cette année-là, il y eut, enfin, abondance de vin et de cidre. Le vin rouge de Fillé était en telle abondance qu'on en avait 8, 9 ou 10 livres en fournissant le tonneau, 4 francs en busse. On ne manquait pas de pommée à 20 sols la busse.  

    Ainsi donc, a  streints aux banalités et aux corvées qui sont des survivances du Moyen Age, les paysans à Fillé comme dans tout le pays sont écrasés d'impôts et tributaires de la météo ; les années de calamités génèrent régulièrement disette et famine. 

    Il faut trimer dur pour les bouches à nourrir, exécuter les nombreux travaux et réparations, acheter les graines et semis dont les prix varient en fonction des inondations et et de la dureté de l'hiver, payer les termes du bail pour les metayers. Encore que parmi les paysans, les laboureurs sont plus riches que les ouvriers agricoles. Nul doute que toutes ces inégalitées juridiques et sociales en vigueur sous l'Ancien Régime et dénoncées par les philosophes déclenchent la révolte du tiers-état et ces revendications paysannes vont, à la veille de la Révolution Française, monter en puissance pour aboutir aux cahiers de doléances.     

    En ce qui concernent les paragraphes en italique et lettres bleues :

    extraits des Données Chronologiques remises au Maire de Fillé par Monsieur Pierre Gouet (Pierre Gouet 2005-2006).

     Illustration : Source Gallica.BNF.fr Bibliothèque Nationale de France.

       

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